Nous continuons notre série d’interviews auprès d’entrepreneurs et d’entrepreneuses. Aujourd’hui, c’est Marion qui nous raconte son parcours et sa reconversion pour devenir sophrologue. Découvrez son histoire inspirante.
Marion Rascol a 31 ans et est héraultaise de naissance. Aujourd’hui elle réside dans le Gard où elle a ouvert, depuis le 14 février, son cabinet Aeaterna Sophrologie sur la commune d’Aigues-Vives.
Marion a un parcours très hétéroclite, elle est passée par la fac de droit de Montpellier, puis a fait une prépa d’arts appliqués à Toulouse pour ensuite revenir à Montpellier suivre des études d’architecture d’intérieur (4 années). Elle a par la suite travaillé dans l’évènementiel au sein de l’agence LMP. Son dernier poste occupé en tant que salariée était conceptrice de cuisines chez Socoo’c à Lattes.
Pour être honnête je n’ai pas vraiment fait ce choix. Disons que l’entrepreneuriat est lié à la pratique du métier que j’ai choisi. En effet, il y a très peu de sophrologues qui exercent leur activité en tant que salarié. De plus, je n’ai pas été élevée dans la culture de l’entrepreneuriat, mes parents ont des schémas de vie professionnelle assez linéaires. Mon père a été fonctionnaire durant de nombreuses années et ma mère témoigne d’une expérience de 30 ans dans la même entreprise.
J’exerçais à l’époque le métier de conceptrice de cuisine dans l’enseigne Socoo’c à Lattes. Je gagnais très bien ma vie et bien que la charge de travail fût importante, le management était sain et l’équipe soudée. Il n’est donc pas question pour moi de rupture radicale, de rejet de ma situation professionnelle ou d’opposition à une forme oppressante de patronat. Tout se passait bien en somme et j’aimais mon métier. Aussi, répondre à « l’appel » fût une vraie épreuve. J’ai été conditionnée par la peur de manquer et alors que je vivais très confortablement j’ai pris cette décision qui semblait « sortir de nulle part ». Annoncer cette décision à ma mère a été pour moi plus angoissant que de l’annoncer à ma direction. Ma mère avait peur pour moi et je ne peux absolument pas le lui reprocher sachant à quel point ma démarche était aux antipodes de ce qu’elle avait vécu professionnellement.
La mobilisation de mon CPF a financé une partie de ma formation, du reste, le fait de bénéficier du chômage m’a permis d’envisager sereinement la construction de mon projet professionnel. Je bénéficie également de l’ACRE qui consiste en une exonération de certaines cotisations sociales pendant une période de 12 mois. D’un point de vue humain, j’ai la chance infinie d’avoir à mes côtés un compagnon qui me soutient depuis le premier jour et d’être très entourée par ma famille et mes amis.
Tout dépend du secteur dans lequel on évolue même si je ne suis pas certaine qu’il existe de règle. Je dirais seulement qu’il est important de choisir des partenaires qui « vibrent sur la même fréquence » que nous, des partenaires qui captent l’essence du projet et s’y impliquent. En étant autoentrepreneur je considère mon projet comme une extension de moi et en cela, je ressens la nécessité de m’entourer de personnes alignées sur mes valeurs. A mon sens, c’est une question de valeurs avant même d’être une question de vision.
Je n’ai pas de projet précis sinon celui de vivre pleinement de mon métier. Il faut savoir que très peu de sophrologues vivent exclusivement de l’exercice de leur pratique. Etant parfaitement alignée avec ma nouvelle profession je n’aspire qu’à en vivre et pour être honnête je croyais à l’époque que cela serait plus facile.
Je peux vous livrer le processus que j’ai appliqué à moi-même sans pour autant vous garantir que cela fonctionne pour tout le monde.
J’appliquerais de nouveau ce processus exposé précédemment qui m’a été d’une aide précieuse. Je prendrais seulement beaucoup plus au sérieux les retours d’expérience d’entrepreneurs et de confrères dont les discours dissonaient à l’époque à mon oreille. Car il est certain, que l’on a toujours un plaisir infini à entendre ce que l’on a envie d’entendre : tu en es capable, tu es un être puissant, tout est entre tes mains, tu as tout ce qu’il faut pour réussir.
Et beaucoup moins de plaisir à entendre le reste : cela prend du temps, tu vas devoir vivre sans argent, tu vas avoir très peu de clients dans les débuts, beaucoup d’efforts resteront vains, ce sera difficile.
On se nourrit aujourd’hui d’histoires de réussites fulgurantes, on admire, on s’inspire, on croit les grands orateurs qui nous vendent du rêve, des méthodes, des programmes sur-mesure.
Je ne dis pas que cela est mal, je dis seulement qu’il serait bon de considérer avec le même intérêt les discours de personnes ayant essuyé un échec, une désillusion, les personnes qui se sont perdues dans la quête d’un eldorado qui n’était en fait qu’un mirage, fruit de leur propre imagination.
Du reste, je n’ai aucun regret sinon celui d’avoir cru à l’immédiateté de la réussite alors que dans ma pratique tout est question de temps, de construction, de sacrifice et d’abnégation.
Ceux qui n’apprennent rien des faits désagréables de leurs vies, forcent la conscience cosmique à les reproduire autant de fois que nécessaire, pour apprendre ce qu’enseigne le drame de ce qui est arrivée. Ce que tu nies te soumet. Ce que tu acceptes te transforme. – Carl Gustav Jung
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